"Ne me quitte pas" ?

Publié le 18 Juin 2017

"Ne me quitte pas" ?

Ce soir, j’écoute conjointement Jacques BREL chanter “Ne me quitte pas” et ma fille se disputer avec son copain.

Jacques, que j’aime tant, je suis pas d’accord avec toi.

 

Oui, parfois, on a vu deux fois des coeurs s’embraser, des anciens volcans faire rejaillir le feu. Oui parfois …

Souvent, j’ai vu des histoires qui détruisent, des soirées qui se terminent mal, des cris et des larmes.

Je ne sais pas s’il n’ai pas mieux de se quitter que de se faire souffrir ?

Je suis excessive, je le sais, et tout n’est pas aussi catégorique.

Une petite dispute ne met pas fin à une histoire d’amour, mais une petite dispute répétée jour après jour ?

Une jalousie peut être signe d’attachement, mais des crises de jalousie ?

Une insulte peut s’échapper(quoique ?) mais plusieurs ?

Ne serait-il pas plus opportun de quitter la personne qui vous insulte, vous critique, vous détruit ?

Jour après jour, j’écoute. J’écoute des personnes qui souffrent d’être en couple pour ne plus être seules. Des personnes qui croient aimer mais qui ne n’écoutent pas l’autre. Qui croient aimer mais ne se comprennent pas. Qui pense aimer mais ne savent pas se battre pour l’autre. Qui croient aimer pour ne pas être seul. Qui pense aimer !!!

Comment peut-on penser aimer ? Un sentiment et une réflexion ?

On reproche à l’autre nos propres défauts, nos faiblesses, nos désillusions, nos incapacités. Nous projetons chez l’autre une réalité qui n’existe pas. Nous l’idéalisons, l’inventons presque, jusqu’au jour où enfin, nous le découvrons. Tous les couples n’y résistent pas. Parfois, à la clarté du réel, ce que l’on prennait pour de l’amour s’estompe.

Nous étions amoureux d’un rêve que le quotidien à effacer. Amoureux d’un fantasme.
Les signaux sont là, mais on ne peut pas les entendre. Les prémices de la séparation s’insinuent en nous, mais nous les chassons d’un revert.  

“Ne me quitte pas “ ? Pourquoi ? Parfois, la seule manière de montrer à l’autre qu’on le respecte, qu’on l’estime est de le quitter. Parfois, la seule manière de se respecter, de s’estimer est de se séparer.

Rester pour rester ? Rester pour l’autre ? Mais pour soi ?

“Ne me quitte pas” est un cri désespéré qui chavire. Un cri qui nous pousse à revenir vers la personne qui nous fait tant souffrir. Nos sentiments s'entremêlent, il est si compliqué de savoir, d'admettre.

Jusqu’au jour où l'on comprend que la seule façon de vivre heureux est de quitter l’être que l’on aimait tant, que l’on chérissait à en mourir. Ses récriminations, ses plaintes sont devenues souffrance. Une blessure qui ne guérit pas. Une vie qui traumatise.

Toutes ces heures passées en explications stériles. Toutes ces journées avec cette angoisse au fond de nous. Tous ces moments gris de la vie.

On s'accroche, se raccroche. On s'écorche.

Le temps n'arrange pas, il dérange. Le temps ne cicatrise pas, il blesse un peu plus à chaque minute.

“Ne me quitte pas” ?

Se quitter est parfois le seul moyen de vivre sa vie.

Tout ne s'oublie pas.

Il faut se quitter pour être.

 

Mais, Dieu, que cela peut-être difficile !

 

La souffrance n'est pas une condition dans la vie.

 

Prenez soin de vous.

 

Rédigé par Evglantine

Publié dans #Billet du jour

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